Le paradoxe du livre : un objet "naturel" au bilan carbone musclé
On a tendance à voir le livre comme un objet pur, presque innocent. Après tout, c'est du papier, de l'encre et de la colle. Pourtant, derrière la magie des mots se cache une industrie lourde. Saviez-vous que pour fabriquer un seul livre de poche, il faut environ 27 litres d'eau et qu'il émet l'équivalent de 1,3 kg de CO2 ?
Multiplier cela par les millions d'ouvrages imprimés chaque année, et le bilan devient vite vertigineux. Face à ce constat, on nous répond souvent : "Pas de panique, le papier se recycle !". C'est vrai. Mais chez Le Livre Vert, on sait que le recyclage n'est pas la solution miracle. On vous explique pourquoi.
Le recyclage : une solution coûteuse en énergie
Ne nous méprenons pas : recycler le papier est indispensable (et c'est ce que nous faisons pour les livres vraiment trop abîmés). Mais recycler un livre, c'est un processus industriel lourd. Il faut :
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Transporter les livres vers des centres de traitement.
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Utiliser de l'eau et des produits chimiques pour retirer l'encre et la colle (le désencrage).
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Re-transformer le tout en pâte à papier pour fabriquer... de nouveaux livres.
C’est une boucle qui consomme de l’énergie. En réalité, le recyclage est un pansement, là où le réemploi est un remède.
Le réemploi : l'écologie du bon sens
C'est ici qu'intervient la magie de la seconde main. Lorsqu'un livre passe d'une main à une autre, son empreinte écologique initiale est "amortie".
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Zéro fabrication supplémentaire : On n'abat pas d'arbre, on n'utilise pas d'encre neuve.
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Économie de ressources : L'énergie nécessaire pour remettre un livre d'occasion en circulation sur notre site est infiniment moindre que celle nécessaire pour le recycler et le réimprimer.
En prolongeant la vie d'un ouvrage, on fait ce qu'il y a de plus efficace en écologie : on utilise ce qui existe déjà.
Le drame du pilon : la face cachée de l'édition
Chaque année, des millions de livres neufs n'ayant jamais trouvé preneur en librairie sont envoyés au "pilon" pour être détruits et recyclés. C'est un immense gâchis de ressources et de talent.
C'est précisément contre cela que nous luttons avec Le Cercle des Livres Sauvés. En créant des circuits comme le Kilo Vert, nous permettons à des ouvrages qui auraient dû finir en poussière de papier de trouver un foyer. Nous ne nous contentons pas de vendre des livres : nous agissons comme un rempart contre le gaspillage.
Que pouvez-vous faire à votre échelle ?
La prochaine fois que vous avez envie d'une lecture, posez-vous la question : "Est-ce que ce livre a besoin d'être fabriqué pour moi, ou existe-t-il déjà quelque part ?".
Choisir l'occasion, c'est refuser la logique du "tout-jetable". C'est aussi soutenir une entreprise solidaire qui privilégie l'humain et le réemploi au broyage industriel. Finalement, le livre le plus écologique, c'est celui qui a déjà été lu.

