En 2007, nous publiions L'insurrection qui vient. Un livre qu'on a aujourd'hui fini d'associer à « l'affaire Tarnac », en oubliant qu'il était déjà un succès en librairie avant que les médias et la ministre de l'intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, ne s'en emparent en 2008, garantissant pour de bon sa promotion à grand échelle.Car il ne suffit pas qu'il soit versé dans son intégralité à un dossier d'instruction antiterroriste pour qu'un livre se vende, encore faut-il que les vérités qu'il articule touchent les lecteurs par une certaine justesse. Or il faut bien admettre que nombre des affirmations du Comité Invisible se sont vues confirmées depuis, en commençant par la première et la plus essentielle : le retour fracassant du fait insurrectionnel. Depuis 2008, il ne se passe pas un trimestre sans qu'une révolte de masse ou un soulèvement menant à la destitution du pouvoir en place ne viennent mettre à mal nos illusions sur la stabilité de ce monde. Qui aurait parié un kopeck, il y a sept ans, sur le renversement de Ben Ali ou de Moubarak par la rue, sur le soulèvement de la jeunesse au Québec, sur le réveil politique du Brésil, sur des incendies à la française dans les banlieues anglaises ou suédoises, sur la constitution d'une commune insurrectionnelle en plein coeur d'Istanbul, sur un mouvement d'occupation des places aux États- Unis ou sur une révolte comme celle qui s'est étendue à tout le territoire grec en décembre 2008 ?Si ce fut la suite des événements qui conféra son caractère subversif à L'insurrection qui vient, c'est l'intensité du présent qui fait d'À nos amis un texte éminemment plus scandaleux. On ne peut se contenter de célébrer l'onde insurrectionnelle qui parcourt présentement le monde, tout en se félicitant de l'avoir senti poindre avant les autres, sans s'étendre sur le caractère composite, et parfois franchement équivoque, de certains soulèvements. Ce dont il s'agit aujourd'hui pour le Comité Invisible, c'est plutôt cerner et ...