En 1535, l'érudit Guillaume Postel est envoyé par François Ier à Constantinople en ambassade auprès de Soliman le Magnifique. Sa mission est d'aller quérir en Orient des manuscrits anciens pour la Bibliothèque royale (qui deviendra plus tard la bnf). De cette expédition, il ramène un évangile apocryphe de l'apôtre Jacques. À compter de ce jour commence pour lui une quête de manuscrits anciens révélant des aspects inconnus de la vie de Jésus, quête qui le mènera à Jérusalem, Venise, Rome, Vienne et Londres, à travers une Europe en proie à la montée des fanatismes religieux.Catholique fervent, professeur de latin, de grec, d'hébreu et d'arabe au Collège de France récemment créé par François Ier, Guillaume Postel est aussi un grand connaisseur de la kabbale, dont il tente d'appliquer les méthodes à l'interprétation du Nouveau Testament. Avec Pic de la Mirandole en Italie, Jean Reuchlin en Allemagne et John Dee en Angleterre, il est l'un des initiateurs de ce courant mystique que l'on appellera la «kabbale chrétienne».Son aventure nous fait découvrir le milieu des imprimeurs et des libraires, ces artisans méconnus de l'immense renouveau des idées qui agite l'Europe à la Renaissance. Le récit commence en 1535, soit un peu moins d'un siècle après l'invention de Gutenberg. Des imprimeurs et libraires - les deux métiers ne sont pas clairement distincts à l'époque, beaucoup d'imprimeurs étant également libraires - sont alors installés dans les grandes villes. Ils impriment et diffusent des textes - ceux de l'Antiquité et ceux de la Bible - qui, jusque-là, n'étaient lisibles que sur copies manuscrites, donc réservés à l'étroite élite sociale de l'aristocratie et du haut clergé. Guillaume Postel rencontre certains d'entre eux comme le fils d'Alde Manuce à Venise, qui avait travaillé avec Érasme, ou Robert Estienne à Paris, ami et protégé de François Ier qui devra pourtant s'exiler à Genève, plus chanceux en cela qu'un Étienne Dolet qui finira sur le bûcher de l'Inqu...