Alchimie a été publié pour la première fois en 1968 par l'Encyclopédia Universalis, quinze ans après l'ouvrage plus spécialisé de René Alleau sur les Aspects de l'alchimie traditionnelle. Les critiques dont l'alchimie a été l'objet depuis fort longtemps, et encore très récemment, ainsi que le désir de fêter à notre manière un tel anniversaire, justifient amplement cette réédition aujourd'hui.Les contempteurs de l'alchimie ont longtemps prétendu que cette science était un sous-produit bâtard et dégénéré du néoplatonisme alexandrin greffé sur des pratiques de faussaires et réactivé en Europe au moment de la Renaissance. L'auteur montre ici que l'alchimie a été théorisée et pratiquée depuis les époques les plus reculées dans toutes les grandes civilisations, en Inde, en Chine, en Mésopotamie, puis dans la Grèce d'Alexandrie, dans la civilisation arabo-musulmane qui l'avait héritée des Perses et enfin dans l'Europe chrétienne.La transmission des connaissances alchimiques, d'abord orale et à caractère initiatique à la manière des mystères antiques, a été ensuite confiée à des écrits codés et totalement incompréhensibles pour qui voudrait les lire comme des manuels de bricolage destinés à enseigner la transformation du plomb en or.La forme d'écriture des traités d'alchimie, si obscure au lecteur profane, est ainsi la seule à même de transmettre réellement le savoir alchimique.L'appréhension du monde et de soi-même, de leurs relations réciproques, des correspondances secrètes liant leurs mouvements et leurs rythmes, consignés dans des formes verbales adéquates à leur objet, a toujours appartenu, personne ne l'ignore, au domaine de la Poésie.On ne devra pas s'étonner non plus que des gens qui ont entrepris de «changer le monde et la vie» à partir d'une conception du monde et de la vie fort éloignée de l'actuelle rationalité marchande, aient reconnu dans les formations et les formulations élaborées par les alchimistes des struc...