Felipe Polleri impose son style unique qui lui vaut d'être classé dans le groupe des « bizarres » en Uruguay.Toujours très néo-expressioniste, son écriture est cinglante, folle, caractérisée par un humour sauvage et macabre.Avec ce roman, son tout dernier paru en Uruguay en 2013, Allemagne, Allemagne !, l'auteur revisite la Seconde Guerre mondiale et nous en donne une version hallucinée. Le roman se divise en trois parties de l'Angleterre bombardée où un écrivain fou et boiteux au service du contrespionnage britannique perd sa femme et ses enfants lors d'un bombardement, en passant par l'Allemagne nazie, et enfin l'Uruguay.Le narrateur, mort, à la double personnalité, raconte son histoire : un fantôme engage un débat sur le véritable auteur d'Hamlet et pendant ce temps les bombes tombent sur Londres et les nazis grignotent l'Europe. Polleri réussit à contrôler le chaos, à soumettre avec son écriture minutieuse les démons qui hantent ses personnages. D'abord une Angleterre racontée par un écrivain de génie mort et anonyme changeant sans cesse de nom, puis une Allemagne où un enfant homme monstre répondant au nom de Parsifal doit porter le lourd héritage d'être le fils de Mengele, ce médecin du régime nazi, alors qu'il déambule en chaise roulante dans un hôpital psychiatrique dirigé par le docteur Prinzhorn, psychiatre allemand qui publia et diffusa l'oeuvre de centaines de malades mentaux, qui influença le mouvement surréaliste.