En décidant de mélanger leurs répertoires ces deux figures de la chansons'offrent une parenthèse réjouissante le temps d'une création en forme derécréation. Ce défi artistique apporte un éclairage nouveau sur l'oeuvre dechacune et l'on savoure alors entre ces deux artistes une belle parenté quidépasse de loin la simple filiation pour nous emmener vers une certaineforme d'universalité de l'écriture et de la chanson. Leurs mots se font échosans jamais se confondre et leurs forces se mêlent pour en sortir grandies.Le texte est évidemment à l'honneur chez elles mais c'est égalementl'audace musicale de cette mise en musique pour deux pianos qui donneses lettres de noblesse à ce projet unique. Car noblesse il y a bien quandNathalie Miravette et Dorothée Daniel, toutes deux bardées de médaillesd'or de conservatoire et nourries de l'enseignement de prestigieusesclasses d'accompagnement, se penchent sur la richesse mélodique de cesbeaux répertoires. Leur travail nous rappelle ces ponts que savaientconstruire ceux qui pensaient que la chanson et la musique classique nevivaient pas dans deux mondes séparés mais devait se réjouir l'une del'autre et l'on pense alors à Fauré à Poulenc ou à François Rauber qu'ellescitent volontiers en références et avec beaucoup de déférence.Il y a donc de l'exigence dans ce disque mais aussi tellement de vie et de joiechez ces quatre dames qui se fréquentent depuis plusieurs années et qui neboudent pas le plaisir de se retrouver ensemble qu'on reste soufflé par leurénergie communicative. Esprits espiègles et femmes passionnées, ellesdessinent pour nous un carré à géométrie variable, où la beauté se mêle àl'humour et où la révolte puise sa force dans la tendresse.