On retrouva dans les archives de Zweig, en 1981, un cahier dont la première page portait la mention suivante: "Entrepris la première version d'un roman, le monde entre 1902 et le début de la [Seconde] Guerre [mondiale], vu à travers l'expérience d'une femme.Esquissé simplement la première partie, le début de la tragédie, interrompu ensuite à cause du travail sur le Montaigne, troublé par les événements et l'absence de liberté dans mon existence. Stefan Zweig, novembre 1941 - février 1942." Témoignage émouvant de ses ultimes préoccupations, ce fragment - dont certains passages étaient complètement rédigés, d'autres seulement ébauchés - traduit le désir qu'avait Zweig de réécrire sous une autre forme son autobiographie.Le "monde d'hier" y est vu par les yeux d'une jeune fille autrichienne, Clarissa, née en 1894 et dont le destin se noue à l'aube de la Première Guerre mondiale, lorsqu'elle rencontre à Lucerne un jeune socialiste français, Léonard, qui n'est pas sans évoquer Romain Rolland.