Aucun musicien de son époque ne pouvait rivaliser avec Django. Lui le petit manouche devenu le plus grand musicien européen de jazz, le seul que les Américains nous ont envié. Héros parmi les héros, il est l'un des rares qu'on appelle par leur prénom, comme Duke, Dizzy, Miles ou Quincy. En 2010, cent ans après sa naissance, beaucoup des musiciens qui lui doivent l'existence même de la musique qu'ils jouent lui rendent hommage. Peu savent présenter un travail qui est le reflet à la fois d'un attachement aux racines et d'une recherche personnelle. C'est le cas du Trio Rosenberg et de Biréli Lagrène, réunis pour la première fois en studio par le label enja. Rois du swing manouche et frères d'armes depuis longtemps, ils ont tracé chacun de leur côté et avec le brio que l'on sait, depuis plus de vingt ans, les routes d'un succès mondial qui a amené la musique de Django à des millions de nouveaux auditeurs.Rosenberg, Lagrène. Ces deux noms font l'unanimité chez les djangophiles comme chez les auditeurs d'un soir conquis lors de mille festivals.On ne présente plus les trois Rosenberg, leur flamboyante perpétuation du style de Django. Stéphane Grappelli lui-même dira qu'ils sont « incontestablement les meilleurs de tous les groupes de swing manouche avec lesquels [il a] joué durant toute [sa] vie ». Ils livrent ici un album d'importance, tant par l'occasion unique de jouer pour Django que par la présence de Biréli, lui qui a coutume de dire : ''le jazz manouche n'existe pas, je suis un jazzman", ou encore : ''le swing c'est le swing, il n'y a pas de secret !" Par le choix du répertoire, on voit que ces musiciens sont de fins connaisseurs des moindres recoins de l'oeuvre de Django, autant que d'infatigables explorateurs. Ils se réservent la même latitude que lui pour rafraîchir le répertoire en y ajoutant ça et là des coups de coeur.Bercés par la musique reinhardtienne depuis le premier jour, ils ont assimilé comme vertus premières le respect et l'humilité. Vi...