Presque tous les enfants ont un doudou. Certains l'appellent leur nécessaire de bonheur, d'autres le considèrent comme leur premier et plusfidèle ami. Peluche, chiffon, poupée ou même bout de ficelle, il peut prendre tous les aspects. La plupart des parents ont bien comprisl'importance affective et symbolique de ce petit ours tout râpé ou DEcette poupée de chiffon délavée qui rassure leur enfant au moment des'endormir et lui donne du courage lorsqu'il est confronté à une situation inhabituelle. Plus tard, le doudou ramène toujours aux souvenirsheureux de l'enfance. Le livre de Chantal Van Tri et Véronique Puech est émaillé d'histoires de doudous, toutes plus magiques les unes que lesautres. De ce prix Nobel qui, renouant, trente ans plus tard, avec la dame qui l'avait hébergé enfant, lui demande aussitôt si elle n'a pasretrouvé son doudou, oublié derrière une porte, à ce chef d'entreprise mondialement connu qui a installé le sien bien en évidence sur sonbureau. Il n'est en effet pas rare de rencontrer des adultes ayant conservé leur doudou. Jane Berkin l'évoque avec émotion, Jean-Charles deCastelbajac coud des nounours sur ses vêtements en hommage aux doudous de son enfance. Depuis une dizaine d'années les doudous sontsortis de leur strict rôle d'objets transitionnels et ils envahissent l'espace médiatique en même temps que l'univers des adultes. De l'hôpital àl'entreprise, ils disent beaucoup sur nos peurs, nos désirs et nos secrets. Les médecins se sont, eux, aperçus que le stress de la consultationétait beaucoup moins important quand l'enfant était accompagné de son doudou. Ils l'autorisent même en salle d'opération. Quant auxpédopsychiatres, ils sont très attentifs à la relation que l'enfant entretient avec son compagnon de chiffon. Un doudou en miettes, martyrisé parson petit propriétaire est souvent un signe de maltraitance. C'est d'ailleurs sur des poupées ou sur leur propre doudou que les enfantsindi...