Pendant un an, de mai 1982 à mai 1983, Robert Marteau a tenu ce qu'il appelle son journal du Saint-Laurent, de ce Fleuve sans fin, comme le nomment les Indiens du Québec. Ce n'est pas sa propre personne qui intéresse Marteau, mais le grand paysage nord-américain, avec ses oiseaux, ses végétaux, l'état quotidien du fleuve, les ciels, les mythes, l'histoire. C'est un Européen nourri de littérature et de peinture, mais aussi des grands mythes indiens, qui déchiffre dans ce journal cette nature restée quasi intacte ; et c'est grâce à elle qu'il peut parler de lui-même et de nous, dans un style d'une exceptionnelle densité, tantôt simple notation, tantôt réflexion, le plus souvent véritable poème en prose, qui nous rappelle que l'intimité avec la nature et celle avec la langue vont, ici, magnifiquement, de pair.
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