Le vote de 2016 sur le Brexit a provoqué la stupeur dans le monde et au Royaume-Uni, généralement considéré comme l’incarnation de la mondialisation heureuse. Même si la Grande Bretagne est un pays insulaire, très différent des États membres continentaux de l’Union européenne, et intuitivement eurosceptique, ce scrutin a en réalité marqué le début d’une ère populiste où l’expertise et les faits sont rejetés au profit des passions souvent négatives. Les thèmes dominants exploités par des démagogues issus eux-mêmes des classes privilégiées ont été la haine des élites, le rejet de l’immigration et un réflexe identitaire profond fondé sur la nostalgie d’un âge d’or fantasmé. Cela a été révélateur d’un basculement du monde, qui a trouvé sa réplique quelques mois plus tard aux Etats-Unis avec l’élection de Donald Trump, mais aussi en Italie avec l’émergence du mouvement 5 étoiles et de la ligue de Salvini, en Allemagne avec l’arrivée d’une centaine de députés d’extrême droite de l’AFD au Bundestag, et en France avec les gilets jaunes.Pendant que l’Union européenne se défait, la Chine poursuit sa politique de puissance géoéconomique alors que les États-Unis ont initié une nouvelle guerre froide tous azimuts. La pandémie de Covid a mis en lumière et accentu&...