Le temps de l'adolescence est récent.Il a commencé dans sa forme actuelle dès la fin du XVIIIe siècle. Les adolescents sont devenus une réalité sociale, engagés dans une expérience psychique particulière donnant naissance à un nouvel âge de la vie. La génération des yéyés a marqué le début de l'adolescence contemporaine avec le mythe de James Dean, adolescent révolté, et tout un courant philosophique existentialiste pour aboutir, de nos jours, au mythe de l'adolescent intimiste.Le premier refusait l'héritage en attaquant la société ; le second est plus réaliste et plus narcissique, mais à la subjectivité malade dont les troubles principaux sont des séquences dépressives, l'anorexie, la boulimie et la toxicomanie. Ce qui était latent dans la génération précédente est devenu maintenant manifeste. On entre de plus en plus tôt dans l'adolescence et on en sort de plus en plus tard.Les changements de conditions de vie ont favorisé l'allongement de l'adolescence. Les délais d'insertion sociale et de maturité psychique sont devenus plus longs. La précocité juvénile n'est pas un signe ni un gage de maturité. Les personnalités juvéniles sont fragiles et moins construites de l'intérieur. Les adultes ont parfois tendance à vivre les jeunes comme des êtres accomplis au moment où ils sont encore en formation.La majorité civile à 18 ans survient en pleine adolescence. Les jeunes sont également retenus, dans les représentations collectives, comme des modèles de référence qui induisent les adultes à leur ressembler. Une société adolescentrique s'instaure sur la base d'une monogénération faite de frères et de soeurs, au détriment d'une relation d'adolescents à adultes dont le rôle consiste à être des médiateurs entre eux et les réalités.L'adolescence est un temps et un processus de mutation et de crise. Des réalités psychiques inédites apparaissent, entraînant un remaniement profond de la personnalité et le deuil de positions anciennes. Les parents sont aussi t...