Isabeau de Bavière (1371-1435) est une reine à la triste réputation : on l'accuse d'avoir vendu la France aux Anglais, d'être une épouse infidèle et une mauvaise mère.Or le livre de Marie-Véronique Clin, richement documenté, nous fait découvrir au contraire une femme aimante, très attachée au bien-être de ses enfants, ouverte à la vie littéraire de son temps. "Destin pathétique que celui de cette femme affrontée à toutes les mésententes, à toutes les ambiguïtés, au chaos des ambitions rivales qui sont celles de la noblesse de son temps", dit Régine Pernoud dans la préface qu'elle avait écrite peu avant sa mort.Mariée à quinze ans au plus beau prince de la chrétienté, Charles VI, Isabeau a vingt-trois ans et est enceinte de son sixième enfant lorsque sa vie bascule : le roi devient fou. Ballottée par les événements, meurtrie dans son amour d'épouse et de mère, elle devient malgré elle la complice du duc d'Orléans alors qu'elle est à la tête de la Régence, et elle sera ensuite l'otage du duc de Bourgogne. Méprisée par Bernard d'Armagnac, elle sera l'alibi des Anglais.On peut comparer Isabeau de Bavière à " l'Autrichienne " Marie-Antoinette : toutes deux furent traitées d'étrangères et victimes d'exagérations, de médisances et de difficultés inextricables.