Invité en 1966 à Princeton, à une session du Groupe 47, Peter Handke y fait un éclat en s'opposantà la vogue du « réalisme » en littérature : Une certaine conception normative de la littératuredésigne d'une belle expression ceux qui se refusent à raconter encore des histoires, tout en étant àla recherche des méthodes nouvelles pour décrire le monde (.) : elle dit qu'ils « habitent une tourd'ivoire » et les traite de formalistes, d'esthètes. Que les écrivains se réfugient dans leur « tourd'ivoire », c'est ce que revendique paradoxalement Peter Handke. Confrontation avec Brecht,Horvath ou Bernhard, avec les méthodes du théâtre et du cinéma ou avec le discours de la justice,réflexions, critiques, satires, pamphlets., cet ensemble de textes divers passe du sérieux àl'humour, des méditations austères aux « gais feuilletons ». Handke s'attache à y définir saposition par rapport à l'écriture : longtemps, la littérature a été pour moi le moyen, si ce n'est d'yvoir clair en moi, du moins d'y voir tout de même plus clair. Elle m'a aidé à reconnaître que j'étaislà, que j'étais au monde.L'auteurNé le 6 février 1942 à Griffen en Autriche, il passe une partie de son enfance à Berlin Est avec samère, avant de revenir en Autriche pour passer son baccalauréat et suivre des études de droit.Après ses premiers succès littéraires il rejoint le groupe « Forum Stadtpark der Grazer Gruppe » etabandonne ses études en 1965, pour se consacrer entièrement à l'écriture .Il réalise ses premiers textes pour la radio autrichienne en 1963. En 1966, il réussit uneintervention spectaculaire lors de la rencontre du Groupe 47 à Princeton, où il présente sa pièceprovocante Outrage au public. Il est co-fondateur de « L'édition de Francfort des auteurs » en 1969et membre de l'assemblée des auteurs de Graz de 1973 à 1977. Son oeuvre, dont une grandepartie est parue chez Christian Bourgois, compte près de 35 romans et ess...