L'archéologie a sans conteste les faveurs du public, au cinéma comme à la télévision. Sur le sol français, les sépultures de chevaux celtiques de Gondole, près de Clermont-Ferrand, les barques romaines de Lyon, ou encore l'énigme de la Lutèce gauloise, ont connu cette année un grand retentissement médiatique. Mais aussi, les débats autour de l'archéologie préventive, ou de sauvetage et leur véritable enjeu. Chaque jour, en effet, deux kilomètres carrés du sol métropolitain sont retournés à l'occasion de travaux de terrassement (constructions, autoroutes, TGV, carrières, etc). Les sites archéologiques ainsi mis à jour seraient irrémédiablement détruits si des fouilles archéologiques n'étaient pas alors organisées : c'est l'objet de l'archéologie justement « préventive », un compromis permanent, difficile et pourtant nécessaire, entre la préservation de notre mémoire collective et le développement économique et social. D'une certaine façon, les aménageurs, publics et privés, et les archéologues travaillent en commun, à la fois pour construire le présent et pour préserver et transmettre le passé nécessaire à la compréhension de l'avenir.Chaque année, plusieurs milliers de fouilles archéologiques sont ainsi entreprises sur le sol français, pour l'essentiel par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), parfois en liaison avec des partenaires scientifiques locaux. Ces fouilles sont en nombre croissant depuis les années 1980. Une masse considérable de données de toutes sortes a donc été recueillie, qui commence à faire l'objet d'études scientifiques et de publications détaillées, renouvelant profondément, sinon bouleversant, nos connaissances sur le million d'année d'histoire de notre territoire. Mais le grand public tarde encore à en être informé. Et, tout autant, élus et aménageurs, en droit de connaître le résultat des recherches qu'ils financent.C'est cette lacune que le présent ouvrage entend combler. Quand les premiers humains sont-ils ...