" Nous sommes comme des nains montés sur les épaules de géants, si bien que nous pouvons voir plus de choses qu'eux et des choses plus éloignées, nullement de par l'acuité de notre propre vision, ou la hauteur de notre corps, mais parce que nous sommes s oulevés et portés en haut par leur grandeur gigantesque. " Bernard de Chartres Bienvenue dans le pre mier tome de notre collection «Pensées pour le temps présent» qui vous proposera régulièrement des recueils de textes anciens ou récents de toutes provenances et dont l'ambition sera d'éclairer notre chemin.« Si tu ne sais plus où tu vas, retourne-toi et regarde d'où tu viens » dit fort justement un proverbe africain et c'est dans cet esprit qu'a été conçue cette collection.Actualité oblige, ce premier tome présente un florilège de citations politiques et vous serez étonnés comme moi, je pense, par l'actualité, la modernité de citations vieilles parfois de plusieurs millénaires : «Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennen t plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux l'autorité de personne alors c'est là en tou te jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie.»Nous n'aurions pas été surpris de trouver cette phrase sous la plume ou dans la bouche de l'un de nos plus célèbres éditorialistes ou moralistes contemporains. Elle est pourtant de Platon, quatrième siècle av. J.C. !« Ni les hommes d'État, ni les acteurs ne se retirent à temps.» constatait Prosper Mérimée voilà plus d'un siècle. Un nom tout de suite vous vient à l'espr it qui incarne aujourd'hui cet entêtement.J'ai même découvert, sous la plume d'un obscur économiste du XVIIIe siècle (Cantillon, cité par Mably - 1709-1785), ce que l'on peut considérer comme la toute première description d'un mécanisme de déloca...