« Épousez un archéologue : plus vous vieillirez, plus il vous aimera », a dit un jour Agatha Christie (1890-1976). Cette fine mouche qui riait de tout pratiquait l'autodérision avec un art consommé.Outre ses soixante-dix romans policiers, il y a mieux et beaucoup plus savoureux que son autobiographie : ce sont ses aventures au Moyen-Orient qu'elle publia en 1946 pour répondre à tous ceux qui lui demandaient sans cesse comment elle avait vécu là -bas auprès de son deuxième mari.Comment pouvait-elle imaginer, en effet, alors qu'elle voyageait pour la première fois à bord de l'Orient-Express en 1928, combien son existence allait être modifiée à jamais ? Elle laissait en Angleterre une enfance heureuse passée dans un manoir victorien du Devon, l'échec d'un premier mariage et une carrière littéraire déjà bien assise pour partir en Iraq à la découverte des champs de fouilles d'Our, invitée par les archéologues Leonard et Katherine Woolley. La romancière avait toujours été fascinée par l'Orient, à tel point qu'elle rendit de nouveau visite à ses amis l'année suivante.Cette fois, les Woolley eurent l'excellente idée de la confier à un jeune archéologue prometteur, Max Mallowan. Ce dernier devint son cicérone, ils visitèrent ensemble la Chaldée et s'éprirent l'un de l'autre. Agatha était âgée de quarante ans, Max n'en avait que vingt-six, mais il la trouvait irrésistible d'intelligence, de charme et d'esprit, qualités qu'elle-même appréciait chez ce garçon si singulier qui n'avait jamais lu aucun de ses romans et n'était nullement impressionné par sa notoriété. Ils se marièrent avant la fin de l'année.Commença alors une vie de voyage avec son époux. Ils travaillèrent essentiellement en Syrie et en Iraq, et Agatha l'accompagna avec joie dans ses pérégrinations. Elle continua à écrire ses propres ouvrages sur place tout en étant une assistante précieuse pour son mari. Elle prenait des photos,les développait, étiquetait les objets trouvés. (Pour dépoussié...