POUR INFO :Fiche de promotion rédigée en sept 1996 pour publication de janvier 1997Herta Mà¼ller n'est plus une inconnue. Son parcours, de la Roumanie germanophone à Berlin, est bien connu. L'oeuvre qui l'a fait connaïtre (L'Homme est un grand faisan sur terre) a été publiée en France, elle est même ressortie en livre de poche.Si le premier roman était celui de la campagne (le Banat), celui-ci prend pour cadre la ville (Timisoara probablement), plus précisément cette zone intermédiaire qui n'est plus tout à fait la ville et pas encore la campagne, la banlieue où l'on peut à la fois jouer du regard avec les peupliers, observer des pêcheurs, suivre certains animaux et respirer les fumées d'usine. C'est par des images chargées de ce qu'il faut bien appeler, par cliché, réalisme poétique (on pense à Chagall, aux photos de Doisneau), par flashes parfois très brefs, des instants de vie volés au temps, que Herta Mà¼ller recrée l'atmosphère (encore un cliché, mais il est nécessaire) de son pays à la veille de l'effondrement du régime. Le mot de communisme n'est jamais prononcé, celui de socialisme une seule fois, celui de Ceausescu deux ou trois fois.Celui de dictateur l'est en revanche fréquemment. La mèche qui orne son front fait la une des journaux tous les jours. Même le vent a peur lorsqu'il s'engouffre dans les à¢Â?Âoerues des directeurs, inspecteurs, agents secrets et officiers. Les rues silencieuses du pouvoir ...à¢Â?Â?. Herta Mà¼ller semble nous dire que ce n'est pas l'idéologie qui compte, mais le résultat.Une trame romanesque relie l'ensemble, centrée sur quelques jeunes gens que l'on suit d'un chapitre à l'autre, en alternance : deux amies, Adina, institutrice, et Clara qui travaille à l'usine ; Paul, médecin, qui a été l'ami d'Adina, Abi, musicien à¢Â?Âoerockà¢Â?Â?, Liviu, instituteur dans le Sud.Survient Pavel, l'à¢ge mà»r conquérant, costume, cravate à pois rouges et bleus. Il se dit avocat, séduit Clara. On s'aperçoit qu'il est bien autre ...