Docteur Day est directeur d'hôpital psychiatrique. Sa spécialité : les fous qui se prennent pour des personnalités historiques. Il a guéri un Attila, il tente de soigner une Jeanne d'Arc, un de Gaulle, un Freud. On vient de lui confier un Napoléon. Se méfiant des médica- ments, n'hésitant pas à appliquer des méthodes iconoclastes, le docteur se demande si la meilleure manière de le guérir n'est pas de l'emmener faire un voyage thérapeutique en Russie.Est-ce la fascinante personnalité de cette patiente hors norme qui a déteint petit-à-petit sur le docteur Day ? Car il faut préciser d'emblée que notre Napoléon est une jeune femme, ce qui ne s'est jamais vu dans les annales de la psychiatrie napoléonienne. Pauline B. est un Napoléon plus vrai que l'original - hautaine dans son attitude impériale, électrisante par son sens du commandement et lucide quant à ses erreurs historiques passées. S'y ajoutent les récits d'incroyables trésors pillés à Moscou en 1812. Il suffirait d'aller retrouver quelques caisses d'or pour faire la fortune de l'hôpital en proie à de bien pénibles contraintes budgétaires.Alors ils finissent par y aller, en Russie, où rien ne se passe comme prévu, bien entendu, car ce pays est un endroit maudit pour tous les Napoléon du monde. On commence par les racketter à la douane, puis on leur vole leur voiture et on les abandonne quelque part sur la grande route entre Moscou et Smolensk, sans argent ni bagages, tandis qu'une pluie glacée d'automne se met à percer les habits. La ville la plus proche est à une centaine de kilomètres.Ainsi commence le terrible voyage du docteur Day et de Pauline-Napoléon en Russie. Leur seul but désormais est de rentrer vivants en France. Car le froid n'est jamais loin dans ce pays. La faim. L'immensité des forêts gelées fait perdre la raison. Et les cadavres ! Ces milliers de soldats dont le véritable Napoléon a gorgé le sol en 1812 se réveillent maintenant pour hurler à nouveau leur souffrance et prêter allége...