En 1871, l'Aigle du Reich allemand jette son ombre sur l'Europe. Cette nouvelle puissance industrielle et militaire ne tarde pas à exprimer de nouvelles ambitions. L'ancien équilibre des pouvoirs est bouleversé ; s'ouvre alors une période que le général de Gaulle a appelée " la guerre de trente ans de notre siècle ", qui se terminera par une nouvelle division du pays. Michael Stürmer raconte l'histoire sombre mais captivante des deux guerres mondiales, puis celle de ces cinquante dernières années au cours desquelles l'Allemagne de l'Ouest s'est réinventée, alors que l'Allemagne de l'Est se sclérosait au sein de l'empire soviétique. Puis le Mur de Berlin tombe. À l'objectif de l'unification succède rapidement un nouveau dessein - la construction européenne -, comme si le poids de l'histoire allemande n'était supportable que s'il était partagé. Grâce à l'analyse pénétrante de Michael Stürmer et aux photographies saisissantes qui accompagnent le texte, nous pouvons suivre de près l'évolution des protagonistes dans leur contexte social et culturel. Le déconcertant Guillaume II et son armée, pris dans un complexe système d'alliances et une course à l'armement, vont lancer une guerre aussi bien contre la montre que contre l'ennemi. Après la défaite, les hommes politiques de la république de Weimar essaient d'instaurer une démocratie. Mais la crainte du bolchevisme, les humiliations du traité de Versailles, l'inflation galopante et la crise économique fragilisent un pays sans véritable tradition démocratique. Hitler, avec ses bataillons bruns, va saisir sa chance. Alliant la séduction à la violence, faisant de la population allemande son complice volontaire, il mène une danse macabre qui entraînera la mort de millions de personnes. Lorsque son corps aspergé de pétrole se consume, le continent est en ruines et seize millions de réfugiés allemands fuient vers l'Ouest afin d'échapper à ce qui deviendra le Bloc soviétique. La menace communiste aidant, la République fédérale s'intègre dans l'alliance occidentale et commence sa reconstruction sous la direction de Adenauer et de Erhard. Avec Brandt et Schmidt au pouvoir, l'Allemagne de l'Ouest peut s'offrir le luxe de souffrir des mêmes maux que ses voisins : révoltes estudiantines, terrorisme, crise pétrolière, augmentation du chômage. Kohl, incarnation de la stabilité, devient chancelier au début des années 80, mais il est surpris, comme tout le monde, par la chute du Mur et la rapidité du processus de la réunification.