Parmi les livres qu'on chérira désormais comme des intimes objets de collection, Les Exploits d'Engelbrecht (The Exploits of Engelbrecht) de Maurice Richarson figurera en haut de liste. Enfin traduit en français, ce roman illustré a notamment été recommandé par Ballard, Michael Moorcock et Alan Moore. Rien que ça. Présenté dans une nouvelle édition par Savoy Books, The Exploits of Engelbrecht est un petit livre de 200 pages à peine, un monument de drôlerie et peut-être le meilleur roman surréaliste (tous pays confondus) jamais écrit. L'auteur, Maurice Richardson, est anglais (bien sûr) et a écrit cette affaire-là en 1950. L'écrivain est journaliste et en a soupé des chroniques sportives. Il a cette idée d'un sportif d'un genre nouveau qui viendrait décrédibiliser tout ce qui fait dans l'épique, l'aventure et l'emphatique. Et cela donne en toute simplicité, Engelbrecht, décrit d'emblée comme : "a dwarf, of course, like nearly all surrealist boxers who do most of their fighting with clocks." Le livre est illustré à l'ancienne (façon gravures, décalquées de tableaux célèbres de Bosch, Blake et Degas entre autres) par un dénommé James Boswell, dont les images ajoutent au charme de l'ensemble. Mais ce qui compte ici, c'est évidemment le texte, défendu ardemment par Ballard de son vivant, préfacé par Michael Moorcock et conseillé par Alan Moore dans sa revue de Northampton, Dodgem Logic (qu'on n'en finit pas non plus de recommander). Les Exploits d'Engelbrecht racontent en une grosse douzaine de chapitres les aventures d'un Boxeur Surréaliste Nain dénommé Engelbrecht dans un univers qui tient de la folie de Lewis Caroll et des inventions de Salvador Dali. Le célèbre peintre est d'ailleurs l'un des personnages (secondaires mais omniprésents) du romanpuisqu'il assiste le héros dans quelques-unes de ses aventures et notamment dans une sorte de match de rugby sur la planète Mars. Chez Richardson, aucune trace de logique humaine mais une inventivité remarquable et une volon...