L'histoire associe le nom de Périclès (495-429 avant J.-C.) au moment le plus brillant de la civilisation antique : le ve siècle athénien. Parvenu au pouvoir en 462-461, moins de vingt ans après la victoire des Grecs sur les Perses, il a dirigé Athènes jusqu'à sa mort. Il a su instaurer la paix sociale, favoriser l'expansion commerciale et imposer la domination d'Athènes sur la mer Égée. Nous lui devons la naissance d'un modèle politique original, la démocratie, et l'exceptionnelle floraison artistique (le Parthénon, l'Érechthéion, les Propylées.) et intellectuelle (Eschyle, Sophocle, Euripide, Thucydide, Platon.) qui a immortalisé une cité de 250 000 habitants. Périclès n'a jamais eu très bonne presse. Platon et Aristote, contempteurs de la démocratie, lui reprochaient sa démagogie, son autoritarisme. Ses contemporains l'ont accusé d'avoir déclenché la guerre contre Sparte (431-404) qui provoqua la ruine de l'empire athénien. Les historiens, comme Claude Mossé dans une biographie récente (Payot, 2005) estiment que la société athénienne, qui excluait les femmes, les esclaves et les étrangers du corps civique, constituerait difficilement unmodèle pour nos démocraties. Donald Kagan, éminent spécialiste de la Grèce classique, ne se contente pas de livrer ici une biographie vivante de Périclès, soulignant, dans chaque épisode de sa vie, les facettes de songénie : le démocrate, le soldat, l'impérialiste, le pacificateur, le visionnaire, l'éducateur, le stratège, le héros... Il s'attache à en tirer des leçons pour notre temps. Ces leçons existent. D'abord parce que la limitation du corps civique ne doit pas faire oublier qu'un principe a été posé il y a vingt-cinq siècles : l'égalité entre citoyens, sans distinction de fortune ni de naissance, et que c'est l'extension de ce principe aux exclus qui a mené à la maturité les démocraties du xxe siècle. Ensuite, parce que Périclès se préoccupait des mêmes enjeux que les citoyens et les dirigeants du xxie siècle : l'...