Entre nostalgie et cruauté, ce roman virtuose situé à Brooklyn propose une vision du monde extraordinairement pessimiste, mâtinée d'humour et d'une ironie cinglante, où l'on retrouve les accents de Laurence Sterne, James Joyce ou Flann O'Brien.Petit casino a vu le jour à partir d'anciens carnets de notes passés au crible de trente années d'écriture et de réflexion.L'auteur s'est aperçu de la dimension supplémentaire que pouvait conférer à chacun des cinquante-deux petits chapitres dont il disposait initialement (le nombre de cartes utilisé pour jouer au petit casino, également le nombre de semaines dans l'année) les commentaires qu'il y ajoutait au fur et à mesure : "Je vais écrire un commentaire sur le texte de base, et j'utiliserai mon commentaire pour commenter d'autres textes de base et d'autres commentaires. Bref, ouvrir toutes les portes. Que le vent souffle dans tout lelivre !"C'est ainsi qu'il rassemble ici toute une série de personnages : des émigrés, des enfants, des amoureux, dont certains habitent déjà ses romans précédents. Leur histoire est toujours plus ou moins la même, cependant que le travail virtuose de l'auteur sur la forme lui permet d'évacuer la dimension de nostalgie ou de cruauté dont chacun de ces récits pourrait sembler empreint.Ce sont alors les ressemblances, les liens, les noms, les lieux (Brooklyn) quitransforment cet assemblage d'histoires, de récits, en un roman d'une profonde unité où l'horreur le dispute au rire.
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