Depuis des décennies, les sciences s'invitent dans nos assiettes. Cet ouvrage va maintenant leur demander de se mettre à table. Les industries internationales ont systématisé l'emploi de substances chimiques, depuis leurs épandages dans les champs, en passant par l'élevage, les transformations, les conditionnements et la distribution de notre nourriture. Elles sont ainsi amenées à pénétrer notre corps en permanence. Ce processus a atteint une telle ampleur qu'il est susceptible d'orienter une partie du devenir des peuples et de la planète.Si les polluants biologiques présents dans notre alimentation n'ont quasiment plus de secret pour nous aujourd'hui - tout restaurant qui se respecte suit méticuleusement les règles d'hygiène nécessaires, très largement codifiées et contrôlées pour leurs effets connus -, les polluants chimiques présents dans pratiquement tous les aliments sont beaucoup moins traqués : métaux lourds, herbicides, insecticides, fongicides et OGM, additifs, exhausteurs de goût, détergents, plastifiants... Les autorisations de ces produits masquent à la société les savoirs sur tous les problèmes sanitaires que ces nouveaux contaminants alimentaires peuvent engendrer, dont chaque famille souffre par le développement galopant des maladies chroniques. Méconnaissance, protection malhonnête d'intérêts privés ou volonté de ne pas faire éclater de scandale, la frontière est bien gardée.En outre, on réalise depuis peu leur impact sur les goûts des aliments. Dans un pays où la gastronomie est reine, où la majorité des Français aime la bonne cuisine, la qualité des produits utilisés, elle, n'est pas à la hauteur des exigences que l'on a par ailleurs quant aux saveurs et à la créativité des recettes. Gilles-Éric Séralini, professeur et chercheur à l'université de Caen, spécialiste des OGM et des pesticides - connu pour ses expériences récentes établissant un lien avec tumeurs, maladies des reins et du foie -, et Jérôme Douzelet, chef cuisinier responsabl...