Etre féministe ? A quoi bon... Le féminisme lasse tout le monde, y compris les femmes. D'autant qu'a priori tout va plutôt mieux.
Sauf que... Sauf que, les femmes sont en train de vivre une véritable arnaque, et qu'il est urgent de la dénoncer. Jamais on n'a autant glorifié les valeurs féminines, mais uniquement pour replacer les femmes dans la seule fonction qui intéresse la société : supermaman et chef du porte-monnaie. En politique, on s'enorgueillit de la parité mais ses effets sont quasi nuls. Sur le plan professionnel, le fameux plafond de verre de l'inégalité des salaires n'est pas près d'être explosé.
Et surtout, 2003 aura été le théâtre d'une formidable régression : celle qui a permis que le principe d'égalité des sexes, à l'occasion du débat sur la question du foulard, soit remis en question et menacé par ceux qui sont d'habitude les champions de la défense des principes de justice et d'égalité. Une partie de l'extrême gauche, des altermondialistes, certains mouvements antiracistes et même des féministes se sont retrouvés dans cette bataille correcte pour le « respect de la différence ».
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Les femmes ne sont-elles pas les premières complices de ce qui est arrivé ? L'équilibre et le bonheur d'être mère sont plus valorisés que la réussite et la carrière. Y compris à nos propres yeux.
Le féminisme a remporté des victoires mais depuis des années, notamment en France son action, hormis la nécessaire dénonciation du viol et de la violence conjugale, est centrée sur la surveillance de la représentation de l'image et du corps de la femme. A-t-on vraiment envie de confier la représentation de notre image à des instances de contrôle ? Enfin, question fondamentale, y a-t-il impossibilité pour les femmes de se penser comme force politique universelle ? Qui porte aujourd'hui la cause des femmes face à la menace fondamentaliste partout dans le monde, des USA au Pakistan ?
Les femmes et le féminisme sont à un moment clé de leur histo...