Evgueni Svetlanov prenait son Rachmaninov très au sérieux, c'est-à-dire tout sauf sentimentalement. Il disait souvent à sonagent et amie Marina Bower que, si d'autres grands compositeurs russes comme Tchaïkovski et Prokofiev pouvaient être aussibien interprétés par d'autres chefs, Rachmaninov était l'un des deux compositeurs pour lesquels il avait une affinité spéciale(l'autre étant Scriabine).Quand je l'ai interviewé au Royal Festival Hall deux ans après le concert du Philharmonia où fut donnéela Deuxième Symphonie présentée ici, le label russe Melodiya avait refait surface pour consacrer cent cinq CD à son chefd'orchestre le plus prolifique. Il semblait opportun de demander à l'homme qui affirmait "avoir enregistré absolument toute lamusique symphonique russe jamais écrite" quelle était l'oeuvre la plus importante pour lui. Il répondit sans hésiter : les Dansessymphoniques de Rachmaninov, son chant du cygne truffé d'autocitations de 1940 : "Personnellement, j'y ai absolument touttrouvé. Pour moi, c'est l'oeuvre la plus sincère, la plus chaleureuse, la plus proche de mon coeur." / Extrait du livret - David Nice/ Traduction : Dennis Collins