Temps du rêve raconte un amour aussi fulgurant qu'insidieusement délétère, par lequel un jeune garçon est ébloui puis désenchanté - et condamné à chercher dans l'imaginaire d'autres illuminations. A quatre-vingts ans de distance, Henry Bauchau relit et préface son tout premier récit publié sous pseudonyme. Un événement dans la collection "un endroit où aller".Un jour d'été Billy, onze ans, venu jouer avec ses cousins chez les de Rouvres, dans une maisonnée pleine d'enfants, y fait la connaissance de la petite Inngué. Dans la grande partie de poursuite et de cache-cache qui s'organise, il fait alliance avec la fillette. Inngué est belle, rieuse, intrépide et garçonne. Tous deux se charment, s'éclipsent, s'aventurent jusqu'à l'étang des carrières où, dit-on, un jeune paysan s'est noyé, happé par le tourbillon.Lorsque les deux enfants rejoignent les autres, Billy est exalté. A la balançoire, au trapèze il se dépasse. Le soir arrive, il faut se séparer. Billy emporte et cache maladroitement le merveilleux bonheur de cette rencontre. Les adultes ont dit que les enfants de Rouvres viendraient bientôt leur rendre visite. Billy est tout entier dans cette attente. Le jour suivant, les oncles ont organisé des petites olympiades. Billy fait mieux que ses aînés au saut en longueur, mais son exploit passe presque inaperçu. Inngué saura-t-elle ? Inngué ne viendra pas, en définitive il ne la reverra que des semaines plus tard, au sortir de l'église. Mais le charme est rompu. Inngué et lui se serrent la main, du bout des doigts.Temps du rêve est, à double titre, une oeuvre "de jeunesse". Si l'enfance (ou son "deuil") en est le thème majeur, le récit lui-même a été publié en 1936 sous pseudonyme. L'identité familiale des lieux et (probablement) des personnages incitait l'auteur à prendre cette précaution. Par ailleurs, de son propre aveu, Bauchau doutait alors de ses possibilités dans le registre de l'écriture et, particulièrement, de la fiction. Or l'intérêt de ce pe...