Ce volume a pour objet une réflexion sur le passage de la théorie à la pratique qu’on l’envisage dans le cadre de la clinique ou dans celui de la politique. L’axe commun en est la question de la responsabilité du théoricien. S’agissant de clinique, ce sont les retombées possibles des théories sur la psyché en termes de soin qui sont questionnées sur le plan de la technique de la cure mais aussi de sa remise en question telle qu’elle revient régulièrement dans des domaines comme la prise en charge des psychoses ou celle des pervers sexuels récidivistes. On confronte ces perspectives à l’interrogation plus générale concernant la mise en acte de textes théoriques par l’action politique. Loin de la défense trop facile consistant à dire que la pensée d’un auteur peut, au moyen de quelques déformations, servir les agissements les plus éloignés de son contenu, on s’interrogera sur le fantasme d’acte que contient toute pensée fut-elle la plus abstraite, justifiant dès lors qu’on l’appréhende aussi au niveau de l’agir. Interroger la pensée comme un acte vise à lui restituer tout son poids, sa valeur et partant sa responsabilité historique lorsqu’elle devient un instrument d’aliénation alors que son projet conscient était tout autre, visant essentiellement la connaissance.