Au cours des siècles, la notion de «trésor d'église» évolue. À la base, il y a le sacré :la liturgie et les reliques des saints. Dans une Europe en reconstruction autourde l'an mil, le trésor montre la grandeur d'une Église : on exhibe son patrimoine,mémoire spirituelle du lieu et symbole de sa puissance temporelle. Le culte chrétiennécessite les objets indispensables à la décoration de l'édifice et aux célébrationsliturgiques.Dès la Renaissance, princes, grands personnages et érudits rassemblent oeuvres d'artet «raretés», par lesquelles ils aiment montrer leur esprit de découverte et d'ouvertureau monde moderne. Ces collections ou «cabinets» contribuent à élargir la notionde trésor qui devient un véritable conservatoire d'oeuvres d'art et l'ancêtre du musée.Mais la Révolution met en cause le statut de l'objet de culte.De nos jours la muséographie tient compte des changements de société : didactique,elle privilégie d'abord la conservation et insère l'oeuvre dans son contexte historique,sans oublier sa vocation sacrée et l'émotion propice à sa découverte artistique.Le Trésor de Liège illustre à ravir tous les aspects d'un trésor d'église et le présentouvrage propose de découvrir ce miroir de l'art et de l'histoire du pays mosan.Une cinquantaine d'oeuvres d'art de trésors européens complètent le tableau offrantun reflet bien plus large, grâce à l'Association Europae Thesauri qui réunitdes Trésors Européens dans la construction d'une médiation nouvelle.