Tucumcari est une ville qui vit et meurt au milieu de nulle part. La route y longe des motels poussiéreux aux enseignes fifties. On s'attend à en voir sortir un héros d'un film de Sam Peckinpah. Il monterait dans une Chevrolet Impala en bout de course, une valise cabossée à la main, et allumerait une radio qui diffuserait un titre de Johnny Cash, de Patsy Cline, ou d'Elvis Presley.«Tucumcari», «Hawaï» ... Des lieux, membres honoris causa d'une torpeur internationale, où la mélancolie se boit fraîche, quand à la tombée du jour, la nuit fait des promesses qu'il n'est pas question qu'elle tienne.Près de la frontière belge, Sammy s'est nourri de cet ailleurs peuplé de perdants magnifiques, et a projeté sur les paysages du Nord de la France, les chromies du Grand Ouest. Il en a absorbé le vocabulaire, pétri la syntaxe pour donner corps à sa musique : des voix qui se déploient sur l'écho, des guitares demi-caisse au bord de la crise de nerfs, des refrains qui s'envolent, et quelques ponts entre deux paysages...En 1ère partie de Cocoon en octobre, aux Transmusicales, en 1ère partie de Bashung, et à la Maroquinerie en décembre, en couverture de «Magic !» et de Télérama sortir » au moment de la sortie de son 1er album... : le futur de Sammy Decoster avance pas à pas, sur une route qui préfère l'orage au crachin, la canicule à la douceur printanière, et les tornades aux courants d'air.