Cet ouvrage est le premier à mettre en lumière, photographies à l'appui, l'importance des rituels yorubas anciens à travers les manifestations de danseurs masqués, et leur impact sur la quête identitaire des mondes africains et américains actuels.Bien connus par leur musique, leurs dramaturges et leurs écrivains, les Yoruba vivent en Afrique de l'Ouest , au sud du Nigéria, du Bénin et du Togo. Ils constituent un ensemble culturel défini autour d'une langue commune et de la croyance en un dieu unique. Le but de cet ouvrage est de montrer comment ces pratiques ancestrales continuent de donner jour à un patrimoine qui mêle la sculpture, la danse et l'art du vêtement dans une perpétuelle invention. Afin d'assurer leur cohésion religieuse, sociale et leur protection, les Yoruba depuis plusieurs siècles se sont organisés en sociétés, certaines très fermées, d'autres plus publiques dont plusieurs survivent toujours. Elles exercent un poids réel auprès des autorités politiques actuelles dans les trois pays concernés.Depuis le XVIIIe siècle deux de ces sociétés sont particulièrement connues : celle des Egun ou revenants, et celle des Guèlèdè, dont les membres sont obligatoirement des hommes. Les Egun, spectaculaires dans leur tenue de danse rituelle, forment une organisation secrète qui honore les morts et les ancêtres mais se manifeste en public de jour. Elle veille au bon ordre du groupe. Les Guèlèdè sortent afin de mettre de l'ordre dans la société : si la pluie ne tombe pas, en cas de maladie ou de travers honteux. Les masques représentent souvent des femmes, mais sont portés par des hommes.Le sens de la danse est donné par le chant et le masque est réalisé une fois le chant composé. Ce sont des sculpteurs spécialisés qui travaillent le bois. Les collections du musée de l'Homme à Paris, reproduites ici de manière intégrale pour la première fois, témoignent de la grande richesse d'invention de ces artistes, non dénuées d'humour, dont le style est aisé à reconnaître. D...